Magali TRIVINO . . . Peintre

Magali TRIVINO 0101

 A quel âge avez-vous ressenti le besoin de peindre ?

 

J’ai ressenti le besoin de peindre et dessiner autour des 7 ans.

Je pense également que mon univers familial y a contribué. A cette époque il est rythmé par des fêtes accompagnées de guitares, de chants et de danse et parfois même de représentations théâtrales de ma sœur aînée, en bref un univers artistique.

Aux environs de mes 6 ans l’énergie que je pouvais dégager physiquement va me servir à lutter contre les nombreuses angines à répétitions qui me fragilisent, me cloîtrent, m’isolent doucement du monde des enfants et des jeux extérieurs entre copains copines. Etant devenue une enfant de santé fragile c’est à cette époque que j’ai développé ce besoin de peindre et de dessiner- ma seule alternative-. J’ai donc développé au fil du temps une créativité qui permettait de m’exprimer et de parer à cette période difficile d’isolement. En plus de la peinture l’établie de mon père était une seconde cours d’école, j’étais émerveillée devant tous ces outils amassés et entreposés qui me donnaient pleins d’idées pour fabriquer un tas de chose.

 

 

Quelles ont été vos premières sources d’inspiration ?

Petite mes premières inspirations sont les gravures de modes des années 20, des revues de la même époque que possédait mon père.

Je décalquais les personnages puis m’appliquer à colorer leur visage, leur vêtement.

Des tableaux décorés la maison de mes parents, les œuvres de buffet ; la peinture a donc toujours était présente dans cette maison. Ceux qui m’ont interpellé et nourrit mes yeux de leur originalité étaient des peintures d’une artiste « Tara » , tout était volute et rondeur , à ce jour un d’eux et accroché dans mon salon.

La matière m’a également toujours attiré et ce dès mon plus jeune âge. Le plâtre et la cire étaient 2 éléments dont j’expérimentai les possibilités de formes et de réaction selon les supports.

Une petite anecdote avec mon chien et mon chat : je leur trempais les pattes dans le plâtre versé dans un récipient afin de recueillir leurs empreintes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelles sont actuellement vos sources d’inspiration ?

 

L’architecture romane, médiévale et orientale, les vieux murs des châteaux et en général toute les marques du temps qui peuvent apparaître sur les pierres, les édifices, les ruines de citadelles cathares mais aussi les symboles gravés comme les pétroglyphes ou les peintures rupestres.

A mes yeux les œuvres d’art se trouvent proche de nous elles sont palpable. Un vieux mur défraîchi est une œuvre du temps. Elle est une source d’inspiration par les couleurs et les superpositions de matières, je compare ces différentes épaisseurs aux strates du temps de notre quotidien. Je pense que toute chose à une âme, une histoire même le bout de céramique dans la terre est un fragment

d’histoire avant de se trouver là il était certainement une unité avec une assiette ou un bol qui faisait partie du quotidien d’une famille.

Les peintures de la Renaissance sont également une référence à mon travail.

Le côté mystique des ruines et des vestiges archéologiques me donne cette énergie à s’approprier le temps pour les représenter dans mes tableaux.

 

Sur quels supports et avec quels outils aimez-vous travailler et quelle est votre technique de prédilection?

 

Mon support et essentiellement des toiles. Mon travail joue du pinceau mais également de la spatule qui me permettent d’appliquer la matière sur mon support, matière qui est le médium le plus employé dans ma technique: collage, grattage, matière, incrustation d’objets, tissus, cire….

Je décore également des petites boîtes en bois avec ma technique et redonne une seconde vie à des livres que je transforme, ils font partie d’une série que j’ai appelé « Grimoires »

Ici mes inspirations sont féeriques et magiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment définiriez-vous votre style et s’est-il transformé au fil du temps ?

 

Je ne peux définir mon style, difficile à dire lorsqu’on déteste la classification des choses. Je peux juste dire que c’est mon univers riche en texture, inspiré par tout ce qui m’entoure mais aussi de grand maîtres comme Robert Rauschenberg et Miquel Barcelo.

 

S’est-il transformé ?

 

Comme toute chose ou êtres vivant nous somme voué à l’évolution. La peinture est un cheminement qui est propre à la vie intérieure de l’artiste qui se transforme par les expériences de vie , qu’elle soient positives ou négatives elles influent sur notre travail. Alors je dirais OUI mon style s’est transformé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quels sont les éléments de vie qui ont induit votre évolution ?

Les aléas de la vie m’ont permis de me plonger dans ma passion la peinture et plus tard dans les études en Licence d’Arts plastiques et science de l’Art.

Un besoin impératif d’étudier l’histoire de l’art. A travers ces études j’ai pu expérimenter d’autres médiums, un style tout autre que le mien, elles m’ont élargi les horizons sur tout point de vue.

Comment conciliez-vous votre passion et votre vie de femme?

Ma passion fait partie intégrante de mon quotidien, elle me porte dans ma vie de tous les jours et me permet d’être une femme épanouie ( je crois). Je dirais même qu’elle est mon amie. Je ne cache pas que parfois je dois m’extirper de devant mon tableau, j’ai l’impression d’être aspirée, dans une sorte d’introspection ou j’ai du mal à en sortir. Alors je me mets un coup de pied aux fesses pour réintégrer mon rôle de maman et de femme et écarter l’artiste pour un instant.

 

 

 

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’élaboration de vos œuvres ?

Je rencontre très peu de difficultés à l’élaboration de mes œuvres, je ne me suis jamais trouvé à cours d’inspiration. Mes seules difficultés se sont trouvés dans la recherche des couleurs :pas d’harmonisations entres elles , et là je peux passer des jours à chercher, alors je laisse le tableau un certain temps pour l’oublier il m’est arrivé de le bouder pendant 1 mois…..quand je le reprend en général je trouve la solution.

 

 

Si vous exercez plusieurs activités, quels sont les raisons qui vous motivent dans cette suractivité ?

C’est ma thérapie, la peinture est le seul remède à mes colères envers cette société… Mon autre activité me permet de manger au quotidien, mais également de garder les pieds sur terre car proche des personnes âgées. La solitude, la tristesse, et la finalité permet de ne pas oublier les réalités de ce monde. Faire une double activité permet de jongler d’un monde à un autre et de rester connecté.

Être seul devant sa toile pourrait inversement me désocialiser très rapidement il est bon parfois de casser ce couple un bref moment.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quels sont vos projets ?

Donner des cours ou animer des ateliers d’arts plastiques, partager mon savoir-faire, important, ça ne sert à rien de garder en secret ses recettes de travail, à quoi bon …  et bien sûr des expositions en préparation comme celle à venir au mois de Mai au Musée du liège à  Maureillas.

 

Quel est votre peintre préféré et quelle est votre œuvre de référence ?

Mon peintre préféré du moment c’est un peintre du romantisme : Charles –Marie Bouton , » Moine en prière dans une église gothique en ruines », 1824

Ses thèmes sont les intérieurs d’églises gothiques , des ruines de châteaux : tout ce qui me plaît !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel est votre livre de chevet ?

Histoire de peinture de Daniel Arasse. C’est un historien de l’art, sa spécialité et la Renaissance. Il explique avec des mots simples faciles à lire et d’un humour à toute épreuve

Dans l’histoire de l’humanité, quels sont les personnages que vous ont marqués ?

Le caravage, pour sa peinture magnifique et son personnage complètement fou, puisqu’il a tué son amant.

Platon, et les philosophe en général, leur génie m’impressionne ainsi que leurs écrits aux phrases à rallonge pour dire quelque chose de simple.

Léonard De Vinci, le génie du génie !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon vous, quelle est l’image de la femme en ce 21° siècle ?

 

Question très complexe …Dynamique et seule

Mais si la question était pour les hommes je répondrais à l’identique.

Le rythme effréné de notre société nous éloigne des uns des autres.

Pour répondre à cette question il faudrait faire sur le modèle de la dissertation. Elle pourrait être posé dans un sujet de philosophie …

 

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes pour accomplir leurs objectifs ?

Avoir une passion, si elle n’est pas dans le travail elle est ailleurs mais elle permet de surmonter bien des soucis du quotidien, elle est une énergie nourricière pour le mental, elle permet de s’épanouir dans la vie et avec les autres. Ne jamais baisser les bras, s’écouter, et n’avoir peur de rien, foncer, c’est tout et en général les efforts payent même si sur le moment on a l’impression que rien ne bouge.

 

 

 

 

 

 

 

 

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