Mal de dos : qu’est-ce que c’est ?

Mal De Dos Des Solutions Pour Ne Plus Avoir Mal

medecine-douce-traitement-mal-dosOn parle du mal de dos comme du mal du siècle, tant ce trouble est répandu.

Pour autant, le mal de dos ne désigne pas une maladie en particulier, mais bien un ensemble de symptômes qui peuvent avoir de multiples causes, graves ou non, aiguës ou chroniques, inflammatoires ou mécaniques, etc.

Cette fiche n’a pas pour objectif de lister toutes les causes possibles du mal de dos, mais plutôt d’offrir une synthèse sur les différentes atteintes possibles.

Le terme rachialgie, qui signifie « douleur du rachis », est aussi utilisé pour désigner le mal de dos. Selon la localisation de la douleur le long de la colonne vertébrale, on parle de :

  • Cervicalgie : quand la douleur touche la nuque et les vertèbres cervicales, voir la fiche sur les troubles musculaires du cou
  • Dorsalgie : quand la douleur touche les vertèbres dorsales, au milieu du dos
  • Lombalgie : quand la douleur est localisée en bas du dos au niveau des vertèbres lombaires. La lombalgie est l’atteinte la plus fréquente.

shutterstock_202849831L’immense majorité des maux de dos sont « communs », c’est-à-dire qu’ils ne sont pas liés à une maladie grave sous-jacente.

Qui est touché ?

Le mal de dos est extrêmement fréquent. Selon les études, on estime que 80 à 90% des gens auront mal au dos au moins une fois au cours de leur vie.

A un moment donné, environ 12 à 33% de la population se plaint du dos, et de lombalgie dans la plupart des cas.  Sur une période d’un an, on considère que 22 à 65% de la population souffre de lombalgie. Les maux de cou sont également très fréquents.

En France, les maux de dos sont la deuxième cause de consultation chez le médecin généraliste. Ils sont en cause dans 7 % des arrêts de travail et sont la première cause d’invalidité avant 45 ans.
Au Canada, ils représentent la cause la plus fréquente d’indemnisation des travailleurs.

1892530lpw-1892556-article-mal-de-dos-sciatique-kine-jpg_3031487_660x281Il s’agit d’un problème de santé publique très invalidant partout dans le monde.

Causes du mal de dos

De très nombreux facteurs peuvent être à l’origine de maux de dos.

Il peut s’agir de traumatismes (chocs, fractures, entorses…), de gestes répétés (manutention manuelle,  vibrations…), d’arthrose, mais aussi de maladies cancéreuses, infectieuses ou inflammatoires. Il est donc difficile d’aborder toutes les causes possibles, mais notons que :

  • dans 90 à 95 % des cas, l’origine des douleurs n’est pas identifiée et on parle de « rachialgie commune » ou non spécifique. Les douleurs viennent alors, dans la plupart des cas, de lésions au niveau des disques inter-vertébraux ou d’arthrose vertébrale, c’est-à-dire d’une usure du cartilage des articulations. Les cervicalgies, notamment, sont très souvent liées à l’arthrose.
  • dans 5 à 10% des cas, les douleurs dorsales sont liées à une maladie sous-jacente potentiellement grave, qui doit être diagnostiquée de façon précoce, comme un cancer, une infection, une spondylarthrite ankylosante, un problème cardio-vasculaire ou pulmonaire, etc.

Mal-de-dos-inflammatoire-savoir-identifier-les-douleursPour déterminer la cause des maux de dos, les médecins accordent de l’importance à plusieurs critères :

  • le siège de la douleur
  • le mode de début de la douleur (progressif ou brutal, suite à un choc ou non…) et son évolution
  • le caractère inflammatoire ou non de la douleur. La douleur inflammatoire est caractérisée par des douleurs nocturnes, des douleurs de repos, des réveils nocturnes et une éventuelle sensation de raideur le matin au lever. A l’opposé, la douleur purement mécanique est plutôt aggravée par les mouvements et soulagée par le repos
  • les antécédents médicaux

Comme le mal de dos est « non spécifique » dans la majorité des cas, les examens d’imagerie comme les radiographies, les scanners ou l’IRM ne sont pas toujours nécessaires.

Voici quelques autres maladies ou facteurs pouvant être responsables de maux de dos:

  • spondylarthrite ankylosante et autres maladies rhumatismales inflammatoires
  • fracture vertébrale
  • ostéoporose
  • lymphome
  • infection (spondylodiscite)
  • tumeur« intra-rachidienne » (méningiome, neurinome), tumeurs osseuses primaires ou métastases…
  • malformation du rachis

Dorsalgie : en plus des causes citées ci-dessous, les douleurs du milieu du dos peuvent être potentiellement liées à tout autre chose qu’à un problème de colonne vertébrale, en particulier à un trouble viscéral et doivent amener à consulter rapidement. Elles peuvent ainsi être le fait d’une maladie cardio-vasculaire (infarctus, anévrisme de l’aorte, dissection de l’aorte), d’une maladie pulmonaire, digestive (ulcère gastrique ou duodénal, pancréatite, cancer de l’œsophage, de l’estomac ou du pancréas).

CX63GG Young woman with pain in her lower back. Red circle around the painful area.

Lombalgie : les lombalgies peuvent aussi être liées à un trouble rénal, digestif, gynécologique, vasculaire…

Évolution et complications possibles

Les complications et l’évolution dépendent bien évidemment de la cause de la douleur.

Lorsqu’il s’agit d’un mal de dos sans maladie sous-jacente, la douleur peut être aiguë (4 à 12 semaines), et se résorber en quelques jours ou semaines, ou être chronique (lorsqu’elle dure plus de 12 semaines).

Il existe un risque important de « chronicisation » des maux de dos. Il est donc important de consulter rapidement son médecin pour éviter que la douleur ne s’installe durablement. Plusieurs conseils peuvent toutefois permettre de limiter ce risque (voir les fiches Lombalgie et troubles musculaires du cou).

Mal-de-dos-et-si-c-etait-a-cause-d-une-deviation-du-bassinSymptômes du mal de dos

Les symptômes du mal de dos diffèrent selon le type douleur dorsale et la cause.

La douleur peut être inflammatoire ou mécanique, vive ou lancinante, localisée ou diffuse, constante ou fluctuante, etc. L’intensité de la douleur n’est pas proportionnelle à la gravité de l’atteinte.

 Certains symptômes sont considérés comme des « drapeaux rouges » par les médecins, c’est-à-dire qu’ils constituent des signaux d’alarme pouvant potentiellement cacher une affection grave. Ils justifient la réalisation d’examens complémentaires (biologie etimagerie). Ces signes sont, entre autres :
  • altération de l’état général ou perte de poids inexpliquée
  • début des douleurs après 55 ans ou avant 20 ans
  • douleurs essentiellement nocturnes
  • aggravation progressive des douleurs, absence de soulagement par le repos
  • antécédents de cancer
  • fièvre ou infection récente
  • signes neurologiques associés (paralysie ou troubles sensitifs, comme la sensation d’anesthésie d’une zone, dans une zone du corps)
  • douleurs thoraciques associées
  • douleur irradiant dans l’une des cuisses (sciatique ou cruralgie, hernie discale)

matelas-pour-mal-de-dosFacteurs de risque et personnes à risque du mal de dos

Personnes à risque

Si le mal de dos peut toucher n’importe qui, certaines personnes sont toutefois plus sujettes à ce type de douleurs, notamment :

  • Les travailleurs contraints de porter des charges lourdes, ou d’effectuer des gestes répétitifs sollicitant le dos
  • Les femmes enceintes
  • Les personnes âgées de plus de 40 ans (entre 40 et 80 ans)
  • Les personnes en surpoids ou obèses
  • Les personnes qui pratiquent peu ou pas d’activité physique

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs augmentent le risque que la douleur du dos devienne chronique. Ces facteurs sont multiples :

  • le bas niveau d’éducation et de ressources
  • l’insatisfaction professionnelle
  • l’appréhension du mouvement et l’attitude d’évitement (lorsqu’on ne bouge pas de peur de se faire mal)
  • les événements familiaux négatifs (deuils, divorce…)
  • le stress, l’anxiété ou la dépression
  • l’absence d’exercice physique

dosnuit-1080x675Prévention du mal de dos

Peut-on prévenir ?

Il est difficile de donner des conseils généraux de prévention tant les causes possibles du mal de dos sont nombreuses.

S’il s’agit d’un mal de dos commun, sans pathologie grave, certaines mesures d’hygiène de vie et postures permettent de limiter le risque de survenue et d’aggravation des douleurs. Consultez la fiche sur la lombalgie et sur les troubles musculaires du cou pour en savoir plus. Ces conseils sont valables également pour la dorsalgie non spécifique.

Parmi ces conseils :

  • maintenir une activité physique minimale
  • éviter le repos prolongé au lit
  • tirer ou pousser les charges plutôt que les lever, maintenir l’alignement des vertèbres (ne pas courber le dos et plier les genoux)
  • bien ajuster son poste de travail (devant l’ordinateur, notamment)
  • pratiquer régulièrement une activité physique et une activité permettant de détendre le dos (yoga, relaxation…)

mal_dosTraitements médicaux

Le traitement du mal de dos non spécifique repose sur des médicaments, si nécessaire au moment des crises douloureuses, mais surtout sur des mesures non-pharmacologiques (éducation, exercices de musculation et d’assouplissement, massages…). Les programmes multidisciplinaires associant une prise en charge de la douleur, des séances d’éducation et de conseils, de l’exercice physique et un accompagnement psychologique sont les plus performants.

Dans la grande majorité des cas, les maux de dos disparaissent en quelques semaines. Cependant, une certaine proportion d’entre eux deviennent chroniques (environ 7%). Il existe alors, très souvent, un cercle vicieux : plus on a mal, moins on sollicite le dos, plus les muscles s’affaiblissent, moins ils soutiennent la colonne vertébrale, et… plus on a mal.

Voici un aperçu des traitements et mesures fréquemment recommandés pour les douleurs aiguës et chroniques non spécifiques.

Médicaments anti-douleur

Lorsque la douleur est intense, plusieurs médicaments permettent de la soulager, le paracétamol (acétaminophène), un antalgique (médicament anti-douleur) étant recommandé en premier lieu. Il est important de traiter efficacement la douleur dès son apparition.

  • Mal de dos aigu

le-mal-de-dos1Le traitement anti-douleur peut être suivi pendant quelques jours et fait appel :

– au paracétamol (1 g 3 ou 4 fois par jour maximum) ou à un antalgique de palier supérieur si le médecin le juge nécessaire (codéine, dextropropoxyphène, tramadol, dihydrocodéine…).

– Si nécessaire, l’anti-douleur peut être associé à un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) et/ou à un myorelaxant (benzodiazépine) si la douleur est, au moins en partie, liée à une contracture musculaire.

  • Mal de dos chronique

Si la douleur devient chronique (plus de 12 semaines), le médecin pourra prescrire des antalgiques en « traitement de fond ». Attention toutefois à l’auto-médication : les anti-douleurs et les AINS ne sont pas anodins ; ils ne doivent pas non plus êtres associés sans avis médical.

Dans certains cas, des infiltrations péridurales de corticoïdes peuvent être proposées, surtout lors des poussées douloureuses associées à une sciatique ou à une cruralgie. Elles permettent de réduire l’inflammation.

Enfin, les antidépresseurs tricycliques ont une action anti-douleur et ils peuvent prescrits contre la lombalgie chronique, surtout en cas de syndrome dépressif associé.

  • Exercices, manipulations physiques et massothérapie

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En cas de mal de dos, le repos au lit n’est jamais conseillé (sauf en phase aigüe très douloureuse, et pas plus de quelques jours dans ce cas).

En effet, de nombreuses études ont montré que l’alitement prolongé a tendance à aggraver la douleur, en augmentant la raideur, en diminuant la force des muscles mais aussi en alimentant la crainte et en instaurant une attitude d’évitement (la personne a peur de la douleur, donc elle évite les gestes potentiellement douloureux, et ceux-ci le deviennent encore plus).

L’ostéopathie, la physiothérapie (kinésithérapie) et la massothérapie sont des traitements efficaces pour les maux de dos, surtout lorsqu’ils persistent plus de deux semaines.

Associant manipulations, exercices de musculation (muscles paravertébraux, abdominaux), réadaptation à l’effort, et parfois stimulation électrique, massage, chaleur, etc., ces techniques permettent de relâcher les muscles et d’améliorer la posture, et de prévenir le retour de la douleur.

Soulager-le-dos-500x334-500x334Psychothérapie et éducation

Certaines approches de psychothérapie, comme les approches corps-esprit, peuvent aider à sortir du cercle vicieux de la douleur chronique.

En plus de diminuer l’intensité de la douleur, elles permettent de mieux gérer le stress, d’apprendre à se détendre et à avoir une attitude plus positive. La thérapie cognitivo-comportementale est une des approches les plus utilisées.

De manière plus particulière, certains programmes d’éducation des patients visent spécifiquement les maux de dos chroniques (par exemple les écoles du dos).

Ces programmes permettent d’informer et d’éduquer les personnes aux prises avec un mal de dos, afin de les aider à remobiliser physiquement leur dos sans crainte, et à apprendre à gérer la douleur en adoptant de bonnes postures et une bonne « hygiène » lombaire ou cervicale.

mal-de-dos-quels-aliments-privilegier-quels-aliments-eviterIntervention chirurgicale

Peu de personnes souffrant de maux de dos chroniques doivent subir une intervention, mais celle-ci peut être proposée en cas de douleurs associées à une sciatique ou une cruralgie, ou en cas d’anomalies ou de malformations accessibles à la chirurgie.

Important. Consultez d’abord un médecin afin de découvrir une possible cause physique de votre mal de dos. Les traitements non conventionnels suivants ont été testés chez des personnes souffrant de douleurs dorsales qui n’étaient pas liées à une maladie spécifique. La plupart ont été évalués sur des patients atteints de lombalgie chronique. Quant à la fiche sur les troubles musculaires du cou, elle liste de façon spécifique les traitements complémentaires testés pour la cervicalgie.

 

 

En traitement

 

Efficacité certaine mal-de-dos-essentiel-main-4375896Ostéopathie. Plusieurs études ont montré l’efficacité de l’ostéopathie et de la chiropratique en cas de douleurs de dos persistantes. Attention toutefois, l’efficacité de la chiropratique et des manipulations vertébrales est controversée, certaines études n’ayant pas montré d’amélioration suite à ces techniques, comparativement à des manipulations factices. Les médecins déconseillent toutefois les manipulations vertébrales, qu’elles soient ostéopathiques ou chiropratiques, lors de la phase aiguë. Elles peuvent être conseillées en phase subaiguë (4 à 12 semaines) ou chronique.

 

Efficacité certaine yogaYoga. Une récente méta-analyse portant sur 10 études et plus de 900 patients souffrant de douleurs lombaires chroniques indique que le yoga est un moyen efficace pour soulager les douleurs de dos à court et long termes.

 

 

Top view of a sexy young woman enjoying herself at a JacuzziEfficacité probable Hydrothérapie (cures thermales). En 2009, la ligue européenne contre le rhumatisme (EULAR) a analysé 19 essais cliniques portant sur la balnéothérapie et a confirmé son utilité pour la lombalgie chronique19, entre autres maux articulaires.

 

Efficacité possible massotherapie-lisandreMassothérapie. Plusieurs chercheurs ont étudié les effets thérapeutiques du massage dans le traitement des douleurs du dos. Une revue systématique récente (2013) rassemblant 9 publications indique que les études20, bien qu’insuffisantes, montrent une certaine efficacité des massages pour soulager la douleur lombaire à court terme. Consulter notre fiche Massothérapie.

 

 

Efficacité possible acupuncture-s1-photo-of-acupuncture-needles-in-womans-backAcupuncture : En ce qui concerne les douleurs lombaires chroniques, l’acupuncture semble être une option thérapeutique intéressante, selon une méta-analyse récente.

 

 

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