WASSILY KANDINSKY ( 1866 – 1944 )

Vassily Kandinsky

A Moscou, le 4 décembre 1866, Wassily et Lydia Tikheeva Kandinsky donnent naissance à leur fils Wassily, mais ils divorcent quelque temps après en 1871.
En 1886, Kandinsky a 20 ans, lorsqu’il entreprend de suivre des études à la Faculté de Droit et d’Économie de Moscou. Passionné de sciences naturelles et d’anthropologie, il publie en 1889, deux articles sur les croyances religieuses tribales et sur le droit paysan.
En 1892, il se marie avec une cousine, Anja Chimiakin, et l’année suivante, tandis qu’il est chargé de cours à la Faculté de Droit de Moscou, il écrit un essai sur  » La légalité des salaires des ouvriers ».
Après avoir hésité entre une carrière universitaire dans le droit et les arts, pour lesquels il se passionne, il décide de se consacrer finalement à la peinture en 1896, et de s’installer à Munich pour y suivre les cours de l’ Académie des Beaux-Arts où il étudie jusqu’en 1900.

En 1901, Wassily Kandinsky quitte les cours du peintre Franz Von Stuck à l’Académie des Beaux Arts de Munich, et fonde un groupe appelé « La Phalanx », dans laquelle avec ses amis peintres, il s’assigne comme but de faire découvrir au public ce que sera selon lui le nouvel art .
Il s’agit pour lui d’enseigner aussi les techniques de cet art de demain, en opposition avec l’académisme qui se limite à la reproduction de modèles, de paysages, ou de sculptures antiques. Kandinsky rencontre David Burliuk en 1902 et expose ses premières oeuvres à Berlin, à la 5ème Sécession.

Durant l’année 1903, il voyage, et découvre Venise, il va à Odessa, et retourne à Moscou, et puis il expose à Berlin et rencontre, à Munich, Vladimir lzdebsky. C’est en 1904 que Kandinsky participe à la première exposition des Tendances Nouvelles à Paris.
Il voyage ensuite en Hollande, et à Odessa et publie à Moscou :  » Poésies Sans Paroles », un album illustré de 12 gravures sur bois. Il participe à différentes expositions dont à la 9ème Sécession à Berlin, puis aux expositions de Saint-Pétersbourg et de Moscou, ainsi qu’au Salon d’Automne de Paris. Il se sépare la même année de sa femme, et après une dernière exposition, le groupe « La Phalanx « est dissout.

 

 

En 1905 il poursuit ses voyages tout en peignant, et visite ainsi la Tunisie, et expose dans différentes villes d’Europe : Rome, Vienne, Berlin, Moscou.
En 1906, il s’installe à Paris, puis à Sèvres et expose au Salon d’Automne. Durant l’année 1907, il multiplie les expositions en étant à l’exposition de Die Brücke à Dresde, au Salon d’Automne, et au Salon des Indépendants à Paris, à la Sécession de Berlin et à l’exposition du Musée du Peuple d’Angers.
Il décide aussi de s’installer à Berlin avec Gabriele Münter l’une de ses anciennes élèves de l’École d’Art « La Phalanx ».

 

 

 

En 1908, à Munich il rencontre et se lie d’amitié avec Jawlensky, Marianne Von Werefkin, Kanoldt, Kubin et Thomas von Hartmann , avec qui il crée »La Nouvelle Association des Artistes » ( « Neue Künstlervereinigung ») .
Il expose à la Galerie Heinrich Tannhauser à Munich, puis à Dusseldorf , Munich, Paris au Salon d’Automne, à Moscou, où il présente 54 de ses oeuvres, puis au Salon International d’ Odessa en 1910.
Ses recherches esthétiques l’amène,  à s’affranchir totalement de l’expression figurative, et à dépasser l’expressionnisme, le futurisme et le cubisme qui dominent l’époque. Pour lui, il s’agit d’un engagement : l’art peut être aussi l’expression directe du monde intérieur de l’individu, et il vient à considérer que la peinture peut s’affranchir des formes et s’exprimer dans la seule dimension du trait, de la tache et de la couleur et qu’il peut à partir de là tout autant toucher l’âme de l’homme que la représentation figurative.

 

 

Kandinsky retrouve dans l’essai d’un jeune historien de l’art, K. Worringer publié en 1907 « Abstraktion und Einfühlung », la matière de ce qu’il appelle le trouble mental de l’homme devant le monde, et devant les  découvertes scientifiques qui remettent en cause la validité des lois considérées immuables.
C’est dans ce contexte que Kandinsky réalise ainsi à cette époque la première  « Aquarelle Abstraite »et qu’il s’engage dans la réalisation d’oeuvres qui deviendront les premières oeuvres entièrement abstraites de l’Art Moderne.
Lui et ses amis sont considérés les uns et les autres comme de  « fous incurables » et « des charlatans ».

 

 

 

Une œuvre abstraite de Kandinsky intitulée « Composition V » crée un véritable scandale, alors que paraît, après avoir divorcé, en 1911, son essai  » Du spirituel dans l’art ».
Dans ce livre,  il s’interroge sur les rapports entre l’esprit et l’expression artistique et sur la représentation abstraite par opposition au monde du figuratif. Pour lui il y a une nécessité intérieure, voire mystique, dans l’abstraction qui repose sur trois principes. L’artiste est un créateur qui doit exprimer ce qui est propre à son envie personnelle d’exprimer ou de ne pas exprimer.Il
doit exprimer et s’exprimer par rapport à son époque et selon les valeurs du langage de son époque. Il doit exprimer au travers ce langage, les éléments de ce qui est propre à l’art, comme valeur universelle, hors des contraintes de l’espace, du temps ou de la forme.
Selon lui, c’est donc l’élément de l’art pur et éternel qui confère sa valeur et son âme à l’oeuvre de l’artiste. L’oeuvre peut de ce fait échapper totalement à l’âme des contemporains et nécessiter des années et des siècles pour parvenir par son esthétique à toucher l’âme de l’homme.



 

Ses thèses sur l’art provoquent l’éclatement du groupe d’artistes. Il rencontre cependant cette même année Paul Klee et Arnold Schönberg, et créé avec Franz Marc le groupe du « Blaue Reiter » ( Le Cavalier Bleu ) à Munich  dont le titre associe le bleu, sa couleur préférée, aux chevaux, sujet privilégié de Marc à cette époque.
Kandinsky expose une nouvelle fois à Moscou  Berlin, et Paris au 28e Salon des Indépendants.
Son livre « Du Spirituel dans l’Art » traité théorique sur l’abstraction, lui a permis de se faire connaître davantage en Europe et lui confére une influence sur l’activité artistique du XXème siècle. Se rallient à ses idées, Schönberg, Franz Marc, Gabriele Münster, Campendöck, Macke entre autres, avec lesquels il revendique le droit à la création artistique de tout oser, à la seule et unique condition du « principe de la nécessité intérieure ». C’est pour Kandinsky une recherche de l’absolu : il veut s’adresser à l’âme du spectateur, à la profondeur de son être davantage qu’à sa sensibilité.


Quand éclate la première guerre mondiale, il part se réfugier en Suisse.
En 1916 il parvient à exposer à Stockholm et à Zurich, et publie un nouvel essai intitulé « De l’artiste ». Il se sépare de  Gabrielle Münter et son ami Franz Marc décède. Il retourne à Moscou et se marie avec Nina de Andreevsky en 1917, qui lui donne un fils.
Il crée en 1918 le « Narkompros »  (Commissariat du peuple pour le progrès intellectuel), et devient professeur à l’Académie des Beaux-Arts. C’est une période où Kandinsky participe à l’acquisition d’œuvres d’art pour la création du Musée de Moscou et intervient dans la création de 22 musées en province en 1919. Il crée encore un Institut de Culture Artistique (« L’ lnkhuk »), et obtient le titre de Professeur de l’Université de Moscou .

 

 

 

 » La peinture est un art, et l’art dans son ensemble n’est pas une création sans but qui s’écoule dans le vide. C’est une puissance dont le but doit être de développer et d’améliorer l’âme humaine « .

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1921, Il fonde l’Académie des Sciences Artistiques , mais il sent la situation se dégrader et décide de quitter l’URSS. Appelé par W. Gropius à Berlin, il retourne en Allemagne avec sa femme où il  devient en 1922, professeur au Bauhaus de Weimar, puis ensuite au Bauhaus de Dessau. Viennent le rejoindre  certains artistes russes , tel que Gabo ou Pevsner, auteurs du Manifeste Constructiviste qui quittent Moscou pour fuir le régime communiste .
C’est après cette première période d’une technique reposant dans son oeuvre sur la spontanéité gestuelle et lyrique, qu’ il introduit à partir de 1922, en poursuivant ses recherches, des éléments géométriques dans ses compositions, suivant l’esthétique du suprématisme.

 

 

 

De 1923 à 1924, il s’engage dans plusieurs associations dont dans la Fondation « Blaue Vier » qui regroupe Jawlensky, Kandinsky, Klee, Feininger. Il expose à New York et au « Bauhaus » de Weimar, au Musée de Wiesbaden, d’Erfurt, d’Iéna, et de Dusseldorf. Il publie un autres livre intitulé  » Point – Ligne – Plan » en 1926,  dans lequel il indique que le point tout autant que la ligne sont employés dans d’autres arts que ceux de la peinture.
La ligne en particulier s’exprime dans l’univers de l’expression musicale, au travers les lignes mélodiques et instrumentales. Elle prend de l’épaisseur, de la couleur, du mouvement selon les instruments tels que le violon, la flûte, la viole, ou la clarinette. Le point s’exprime par exemple sur des instruments tels que le piano et les instruments à percussion

Le point et le ligne s’expriment aussi  en peinture par leur épaisseur, leur couleur, leur mouvement, et sont par là tributaires de l’espace temps dans la notion de durée et de plan d’espace.
Il  pose ainsi les principes th
éoriques de l’abstraction comme principe fondamental de la peinture.
En 1928, il rencontre Moussorgsky, et expose à Francfort, Bruxelles, Dresde, Berlin, puis en 1929 à Paris, Nuremberg, La Haye. Il rencontre Marcel Duchamp et Katherine Dreier ainsi que Solomon R. Guggenheim.

 

 

L‘architecte Mies van der Hohe qui a pris la direction du « Bauhaus » confie à Kandinsky en 1931 la décoration murale pour l’Exposition d’architecture internationale de Berlin. Le « Bauhaus » est dissout par le Parti Nazi dès octobre 1932 . Kandinsky reste à Berlin,jusqu’à la fermeture définitive du « Bauhaus » le 20 juillet 1933.
Les nazis lui confisquent plusieurs de ses tableaux et le qualifient de « peintre dégénéré ». Il peint « Développement en brun » et quitte l’Allemagne pour venir à Neuilly-sur-Seine, dans la banlieue de Paris.
Il se conforte là dans une synthèse théorique aboutie de son art : l’expression artistique est la combinaison de la technique et de l’intuition, ou encore la synthèse de l’émotion et des sens ralliées à la réflexion scientifique.


De 1934à 1936, les expositions se suivent : Paris, Milan, Stockholm, au Kunstmuseum de Lucerne, à San Francisco, au Musée d’ Art Moderne de New York et à nouveau à Paris à la Galerie Jeanne Bucher.
En 1937, se tient une rétrospective à la Kunsthalle de Berne et une exposition sur « l’Art dégénéré » à la Haus der Kunst de Munich .De nombreuses oeuvres de Kandinsky dans les musées allemands sont confisquées par les nazis et sont vendues.
A Chicago se créée un nouveau « Bauhaus », tandis que Kandinsky écrit un article sur « l’ Art Concret » en 1938 et qu’ André Breton lui dédicace son exposition de Londres .

 

 

En 1939, en pleine occupation allemande, Kandinsky décide de se prendre la nationalité française. Son œuvre devient plus froide, plus structurée, plus théorique. Il pense que  » la peinture abstraite est de tous les arts le plus difficile, car il exige qu’on ait une sensibilité aiguë pour la composition et pour les couleurs, et qu’on soit un vrai poète ». Kandinsky croit fermement, en l’avènement d’un monde totalement spiritualiste, en opposition au rationalisme ou au cartésianisme.
Il poursuit ses expositions à Paris, malgré la guerre, ainsi qu’à Los Angeles, à New York en 1941, tout en refusant de s’ installer aux Etats Unis.
Il expose à Paris à la Galerie Jeanne Bucher avec Nicolas de Staël puis à la Galerie Esquisse
,
durant laquelle il meurt à l’âge de 78 ans, le 3 décembre 1944 à Neuilly sur Seine.

 

Le Monde des Arts

 

 

 

 

 

 

 

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